|
Fin juillet 2008, l'UMIH a dressé un premier bilan à mi-course de la saison estivale 2008 en France. L'analyse portait géographiquement sur les frontières nautiques du pays, ainsi que sur les Alpes.
De ce document, on peut distinguer cinq grands thèmes caractéristiques du début de saison, particulièrement utiles aux professionnels dans l'orientation de leur stratégie.
La fréquentation en région
Méditerranée, côte atlantique ... les destinations habituelles des Français sont inégales en terme d'attractivité, ce n'est pas une nouveauté. Mais cette année semble mettre en exergue les atouts et inconvénients de chacune. Aussi, le bassin méditerranéen profite touristiquement de son ensoleillement incomparable alors que pour l'ensemble des autres régions, les caprices de la météo ont pesés négativement dans la balance. Dans les années à venir, on peut s'attendre à une pression touristique au moins constante en PACA et Corse alors que le Languedoc-Roussillon s'installe comme une alternative crédible, loin de la tendance "fric et chic" remise au goût du jour ces dernières années.
Les secteurs d'activités
L'hôtellerie, logiquement, tire le mieux sont épingle du jeu : c'est le premier poste de dépenses des touristes, des concessions sur le prix peuvent être faites, mais c'est une variable indispensable, rares sont ceux qui peuvent s'en passer (camping-cars). La fréquentation est sensiblement la même que pour l'année 2007, les établissements accusant une légère baisse (de un à cinq points) de leur taux d'occupation.
Pour les autres secteurs, la donne est différente, la restauration accuse le coup avec une baisse de fréquentation de l'ordre de 20% à 30%. Globalement, les postes de dépense "annexes" sont sacrifiés cette année. Les cafés, les discothèques ne sont pas mieux lotis et connaissent également une forte baisse de leur fréquentation.
Pour l'ensemble des secteurs, le ticket moyen est en baisse.
Les touristes étrangers
A cause de la pression monétaire, la fréquentation des touristes hors zone Euro est en baisse, notamment chez les Britanniques. Le tourisme international se reporte dans les pays tels que les Etats-Unis, l'Amérique du Sud... Malgré tout, on compte bon nombre de Russes, d'Allemands en Méditerranée et dans le Pays Basque. Quant au touriste européen en général, il trouve son bonheur en montagne.
Les raisons de fréquentation
Outre l'aspect climatique, la fréquentation des régions se fait notamment grâce aux activités périphériques proposées. Ainsi, il faut compter sur les festivals, les congrés, les animations sportives et culturelles. Tous ces critères représentent des externalités positives pour le secteur, ils faut savoir les préparer et les saisir.
La ville de Montpellier, de par sa situation géographique, son ensoleillement, sa proximité avec le littoral et l'ensemble des activités proposées tout au long de l'année fait véritablement figure d'exemple en terme d'attractivité. La ville de Nice est également fortement convoitée. Toutes les villes qui s'investissent activement dans une politique touristique sont récompensées dans leurs efforts.
En interne, les hôtels proposant en plus un service de restauration sont d'autant plus convoités que leurs confrères offrant uniquement des lits.
Les comportements de consommation
Difficile d'être original cette année. Qu'est-ce qui explique aujourd'hui la santé vacillante du secteur ? Le pouvoir d'achat !
Problématique réelle ou manipulation médiatique ? En tout cas, les Français y croient dur comme fer, rognant sur toutes les dépenses jugées "accessoires".
Le coût des carburants, la hausse des prix à la consommation participent à ce climat "frileux". Plutôt que le restaurant, le touriste concède désormais de mettre la main à la poêle pour réaliser des économies : sandwiches et résidences hôtelières ont le vent en poupe. De même, la simple salade verte ne s'est jamais aussi bien portée.
Les Français, malgré tout, sont de plus en plus mobiles. Les vacances devenant de plus en plus une activité proche du luxe, il devient impensable de louper ses congés. La moindre goutte de pluie et les réservations sont annulées ou écourtées. On assiste à une montée en force des courts-séjours. Ceci est accru par une clientèle qui part moins loin, moins longtemps, mais probablement plus souvent.
Tous ces éléments mis bout à bout font que les Français profitent des offres de dernière minute pour partir. Le taux de remplissage des établissement n'est vraiment connu qu'à la dernière minute. La commercialisation par Internet est devenue incontournable dans une stratégie optimale.
Finalement, il n'a jamais fait aussi "chaud" en France depuis quelques années, et cela risque de s'accentuer
Et après ?
Si le pouvoir d'achat des Français continue d'être considéré comme insuffisant, il n'est pas improbable de voir se développer et se démocratiser la location entre particuliers, le développement du camping et, dans le pire des cas, la réduction des départs en vacances au profit d'activités de proximité.
Quoiqu'il en soit, la restauration risque d'être fortement touchée.
|